24 Heures

21.09.2009

« La Chute de la Maison Blocher » faux intello, vrai intolérant

Dernièrement, j’ai dépensé Frs 14.90 pour l’achat du livre cité en titre en ayant bien compris qu’il serait l’énième démonstration qu’après avoir atteint des sommets, Blocher et l’UDC étaient condamnés à s’échouer lamentablement. Je ne pensais pas avoir si mal perdu mon argent car le prometteur auteur de cet essai, Denis Clerc, était présenté comme ancien (encore un) Conseiller d’État, ancien (il persiste) enseignant au Collège St-Michel et, ancien (décidément), enseignant à l’Université de Fribourg, en était arrivé si bas dans la réflexion et qu’il osait publié un tel livre. Il faut du courage pour passé du statut d’ancien intellectuel à celui de nouveau ringard.

Au deuxième paragraphe de l’introduction, monsieur l’ancien, présenté comme un intellectuel confirmé, affirme que l’UDC a les mêmes fondements idéologiques que le fascisme. Le décor est planté et durant tout le bouquin, les références entre l’UDC et les Nazis sont légions. L’UDC, le parti qui se bat pour sauvegarder la décentralisation du pouvoir (le fédéralisme) et pour une stricte démocratie directe, serait le bâtard du NSDAP, le parti national-socialiste d’Hitler, qui a centralisé le pouvoir à outrance et qui a détruit la démocratie ! Pour renforcer ses brillantes théories, l’auteur rappelle que le parti est né du monde paysan et affirme que ces derniers sont incapables d’avoir une vision du monde et qu’ils sont par essence opposés à la modernisation. Les paysans sont donc des nazions en puissance car ils sont précisément des paysans et donc incapables d’avoir la bonne vision du monde.

Après avoir lu les deux premiers chapitres et m’être pincés une demi-douzaine de fois devant tant de bêtises, je suis allé savoir qui était M. Denis Clerc et il s’avère qu’une information non précisée sur le livre était importante. Denis Clerc est socialiste, certainement ex-68ard, qui se cache derrière un visage d’intellectuel.

Les faux intellos et les petits copains

Cette technique du faux intellectuel ou du faux expert est courante. L’Hebdo, par exemple, appelle souvent son expert maison, François Cherix, socialiste vaudois anti-Suisse, pour présenter ses textes accompagné des présentations pompeuses : « Selon notre expert, il avère que… » et au passage assuré la promotion de son dernier « essai ». Aussi, il y a le phénomène des rédacteurs en chefs qui laissent largement la parole aux copains, comme Ariane Dayer (Le Matin) qui permet à la conseillère aux États vaudoise Géraldine Savary se de régulièrement s’exprimer librement dans un encart que j’estime valoir Frs 1'000.- l’édition. À nouveau dans l’Hebdo, il est consternant de lire Chantal Tauxe (cheffe de la rubrique suisse) se plaindre chaque semaine qu’une nouvelle fois l’UDC a fait ceci ou cela. Récemment, ce même titre présentait plusieurs politiciens romands susceptibles de devenir conseiller fédéral, parmi eux, aucun UDC mais plusieurs noms improbables. Le fait que MM. Parmelin, Nidegger ou Rime sont une alternative crédible pour un second siège UDC en 2011 n’a même pas effleuré l’esprit du journal de gauche. Ou alors ne fallait-il pas dire que l’UDC avait de bons candidats en Suisse romande ?

Et ceux condamnés à se cacher ou à se taire

En 2005, Oskar Freysinger, conseiller national UDC et écrivain se voyait refusé l’adhésion à la société suisse des auteurs pour des motifs clairement politiques. Du coup, cette société prétendait qu’un bon auteur ne saurait être de droite. La tragicomédie pour cette société intolérante des auteurs est tombée récemment lorsque le même Oskar Freysinger a remporté un titre littéraire sur une composition qu’il a signé d’un pseudonyme et qui n’a pas manqué de faire réagir les médias ; Oskar Freysinger aurait-il gagné s’il avait signé de son nom ? Bien sûr que non !

L’histoire du sociologue Ueli Windisch est moins comique. Après avoir attaqué les Socialistes en raison des sourires qu’ils affichent de voir la Suisse humilié par des États étrangers, il a subi d’inexcusables pressions du président du PS qui a sommé le Conseil d’Etat genevois et le rectorat de l’Université de Genève de condamner l’auteur. En bon élève qu’il doit être, le rectorat a remonté les bretelles à Ueli Windisch.

La tolérance a ses limites, la gauche n’est pas prête à accepter les intellectuels, artistes et écrivains de droite. Mais de quelle droit se permet-elle de refuser cet accès aux opinons divergentes ? La question demeure mais rappelons-nous que la gauche ne cédera jamais sur ce qui est sien. Lénine disait : « ce qui est à nous est à nous ! Seul le reste est négociable »

17.09.2009

Le nécessaire second souffle de la concordance et du Conseil fédéral

Didier Burkhalter a été élu et c’est très bien qu’un Radical succède à un Radical. Toutefois, ces longues semaines de campagne, d’intrigues et de sous-entendus auront posé sur la table deux problèmes que nos politiciens devront bien un jour entreprendre. Soit la composition du Conseil fédéral en terme de sièges disponibles (sept, neuf, ... et pour quelle région linguistique) et en terme de concordance (arithméthique, programmatique, ...).

 

La Constitution stipule que le respect des minorités est garanti, sans pour autant déterminer une quantité. Une coutume stipule que cinq sièges reviennent à la majorité alémanique et que les francophones en ont deux. Parfois, un italophone parvient à obtenir les faveurs des Alémaniques qui cèdent un siège aux Tessinois.

 

Entre 1959 et 1999, le principe de la « Formule magique » a gouverné la Suisse. Les trois formations politiques les plus importantes (PRD, PDC, PS) obtenaient deux mandats au Conseil fédéral et la quatrième force politique (UDC) un seul mandat. En 1999, le PDC devenait le plus petit des partis gouvernementaux mais a refué de reconnaître cet état de fait. La brèche dans la concordance était ouverte. C’est en 2003 que la « Formule magique » a été ressucitée car l’UDC obtenait un second mandat légtime au détriment du PDC. Nouvel enterrement en 2007 lorsque l’UDC perdait un mandat au gouvernement suite à une action revancharde du PDC.

 

Depuis le 12 décembre 2007, la « concordance » entre les partis ne tient plus. Les intrigues et attaques sournoises se succèdent, le respect des minorités est remis en question et plusieurs élus ont affirmé que la concordance est en tout cas autant programmatique (donc subjective) qu’arithémtique (donc objective). Or cette affirmation est fausse.

 

Notre système fonctionne car la concordance est uniquement arithématique. Si elle devient programmatique elle doit être accompagné d’un changement de système où le peuple doit pouvoir donner l’orientation programmatique et donc élire son gouvernement.

 

Indiscutablement, je suis en faveur d’une concordance arithémtique car elle représentative de l’ensemble de la population. Si les Verts, à qui il faudra bientôt reconnaître le droit de siéger au gouvernement, y participaient, alors près de 90% des Suisses seraient représentés au gouvernement. Idéalement, les partis devraient pouvoir déterminer quels politiciens sont conseillers fédéraux car ces derniers seraient pleinement légitimés et représentatifs de la politique voulue par les électeurs.

 

A terme, il faudrait augmenter à neuf le nombre de conseillers fédéraux en raison de charges de travail devenues très importantes. Avec neuf conseillers fédéraux, il serait possible de fixer à cinq le nombre d’Alémaniques, à trois le nombre de Romands et d’accorder toujours un siège à la minorité italophone. La cohésion fédérale et l’implication des régions en seraient renforcée. Cette mesure, accompagnée de l’élection pour une législature par le peuple d’un président de la Confédédation/ministre des affaires étrangères permettrait de mieux délégué le travail au sein des départements et de renforcer l’image de la Suisse à l’étranger.

 

L’élection du président de la Confédération, parmi les neuf conseillers fédéraux, par le peuple serait nécessaire car ce dernier représenterait la Suisse à l’étranger, serait chargé des affaires étrangères (donc ne serait pas impliqué dans les affaires intérieures) et présiderait ainsi de manière impartial les séances. Sa voix serait déterminante en cas d’égalité.

 

Le débat doit s’ouvrir car après un demi-siècle de concordance partisane, la formule n’a plus rien de magique. Le débat doit s’ouvrir malgré l’accueil mitigé, sinon réprobateur, que lui réserve d’ores et déjà les élus de tous les partis politiques.

07.09.2009

L’actuel Droit pénal des mineurs doit mourir sous les fenêtres du Tribunal de Montbenon


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