24 Heures

21.01.2010

Lettre ouverte à Chantal Tauxe

Dans un article publié le 6 janvier dernier sous la catégorie "ça gave" du site de l'Hebdo, vous vous êtes plainte de l'omniprésence médiatique de l'UDC durant les vacances de Noël. Vous affirmez que ses informations étaient impertinentes, superflues et inutiles.

Permettez-moi d’apporter quelques observations à votre article. Tout d’abord, en vous lisant presque chaque semaine, je peux affirmer que sans l’UDC vous seriez désoeuvrée et ne sauriez pas sur quel sujet écrire pour passer votre temps. Le papier du 6 janvier est d’un ennuyant et d’un lassant inqualifiable, cela fait 20 ans que vous et votre employeur vous efforcez de diffamer et de déshonorer l’UDC ou ses membres en vain. Vous n’êtes effectivement pas très douée dans cette discipline car malgré votre pratique régulière de la critique facile, vous n’avez pas pu empêcher les cinq progressions électorales successives de l’UDC, ni l’élection de son leader au Conseil fédéral.

Vous prétendez que la publication d’un bilan de mi-législature est : « une innovation aussi inintéressante qu’inutile » et poursuivez en écrivant que la seule vraie information fournie par l’UDC durant les fêtes de fin d'année est la révélation par Christoph Blocher de son opération en 2005 qu’il avait dissimulé au Conseil fédéral. D’un doigt accusateur, vous qualifiez cette dissimulation de « mensonge ». Quelle révélation tardive, en effet, mais dont vous êtes la raison chère Madame car Christoph Blocher est conscient que vous auriez parlé des semaines durant de ses intestins et spéculé sur sa mort prochaine plutôt que de thématiser des enjeux nationaux. On se souvient que trop bien de la campagne ridicule du Blick (votre éditeur au demeurant) contre feu Jean-Pascal Delamuraz.

La vérité c’est que vous ne jugez pas un bilan de mi-législature suffisamment utile ni intéressant pour être commenté. L’UDC y déclare que le parlement a voté pour 12.7 milliards de nouvelles contributions pour le citoyen depuis le début de la législature, mais vous vous en fichez totalement. Tout comme les défis que le chef du DDPS doit relever ou la composition future du Conseil fédéral.

Non, pour vous seule l’opération des intestins de Christoph Blocher, il y presque 5 ans, était une information valable. Je pense que, contrairement à vous, le peuple n’en a rien à faire des organes corporels de Christoph Blocher. Le parlement remue plus de 12 milliards de nouveaux impôts en deux ans tandis que les intestins de M. Blocher remuent seulement ce qu’ils sont destinés à remuer durant toute la vie et il semble que cela vous intéresse bien plus que la charge fiscale des Suisses.

13.01.2010

Le Conseil fédéral sait-il au moins marcher ?

L’affaire des détenus de Guantanamo tourne véritablement au vinaigre. En effet, désireux de répondre à l’appel américain pour recycler leurs problèmes de politique extérieure, le Conseil fédéral s’est senti pousser une âme humaniste et à annoncer être prêt à accueillir un détenu de Guantanamo, en s’empressant d’ajouter que ce dernier ne devait comporter aucun risque pour la sécurité, qu’il devait montrer patte blanche et qu’il devait faire preuve d’intégration en Suisse. Bref, toutes les qualités que vous ne trouvez à priori pas chez un prisonnier militaire.

 

Toutefois, encore fallait-il trouver le canton d’accueil et, comme à son habitude, l’État de Genève a été prompt à se manifester pour mettre à mal la sécurité nationale. L’affaire était réglée, Washington était content de la docilité suisse et Berne tout heureux d’avoir fait sa BA sur le dos de la sécurité nationale et Genève toute contente de rappeler qu’elle est une terre d’accueil pour les victimes du monde entier.

 

Mais c’était trop beau pour être possible et, sur sa lancée, Mme Wdmer-Schlumpf répondait favorablement à la demande d’accueil de détenus par un canton du Jura jaloux d’être écarté du club des fossoyeurs de la sécurité. Washington n’en demandait pas temps : après avoir réussi à jeter notre secret bancaire et l’Etat de droit à la poubelle, il pouvait à présent nous refiler celle de sa politique extérieure. Quand Mme Widmer-Schlumpf sera à la retraite en 2011, elle pourra toujours postuler pour un job dans la défense des intérêts américains en Suisse, elle excelle dans cette fonction.

 

Mais voilà, les deux prisonniers que le canton du Jura veut accueillir sont des ressortissants chinois et les autorités chinoises veulent les récupérer. Le Conseil fédéral bien embêté, se  retrouve « pomme avec le bourg » soit il annule son offre d’accueil auprès des USA, ces derniers vont se fâcher car la Suisse revient sur sa promesse ou alors la Suisse accueille ses deux chinois et met à mal nos relations avec la Chine.

 

Le Conseil fédéral n’est pas capable de faire sa pub bon marché en brandissant trois prisonniers militaires sans fâcher deux États qui comptabilisent près de 1.5 milliards d’habitants et qui s’avèrent êtres les plus importantes puissances économiques et politiques du monde. C’est un désastre affligeant. Le Colonel Kadhafi peut dormir tranquille, si le Conseil fédéral vient à décider une action de force pour libérer nos otages, il serait capable de confondre Libye avec Liban. Mais ne dit-on pas que nous avons les gouvernants que l’on mérite ?

08.01.2010

Défendons la Suisse contre ses ennemis de l’intérieur

Le 8 janvier, le Tribunal administratif fédéral a condamné la divulgation de données bancaires le 18 février 2009 par la FINMA à l’IRS (autorité de surveillance fiscale américaine), ce qui a eu pour effet d’ouvrir la Boîte de Pandore en permettant à quelques États d’affaiblir le secret bancaire durant l’année 2009 et d’obliger la Suisse à signer des accords de double imposition.

Cette décision du TAF sonne comme un nouveau désaveu pour le conseiller fédéral Merz et pour la stratégie du Conseil fédéral mais elle représente un pas important pour les défenseurs de l’État de droit et les défenseurs de la Suisse. Le droit est en effet la seule arme que les petits États peuvent opposer à l’agressivité des grands car ces derniers ont mené une véritable guerre contre notre pays. En effet, pour financer les programmes de relance économique consécutifs à la crise des subprimes, il fallait aller chercher l’argent là où il est, c’est-à-dire dans les comptes bancaires de contribuables désireux de se protéger des appétits financiers des États voleurs qui les gouvernent.

La Suisse, pays où les citoyens sont (encore) les souverains, a une loi bancaire qui protège la sphère privée contre les intrusions de l’État. Nos banques offrent donc un service apprécié à des citoyens du monde entier qui désirent protéger le gain de la sueur de leur front contre le vol que les États s’autorisent sur leur dos.

Le secret bancaire doit être vu sous cette angle là par nos concitoyens, il est un droit que les Suisses ont et qui permet de protéger la fortune de ses derniers. Dans un monde qui garantit aux individus les libertés personnelles, ce droit à la protection de la sphère privée et aux données personnelles est élevée au rang de valeur de notre société.

Nous devons donc défendre la Suisse contre ses ennemis et contre les collaborateurs suisses de ses ennemis. La FINMA a trahi la Suisse et a trahi la confiance que le monde avait en la Suisse. Le Conseil fédéral a collaboré à cette trahison et, aujourd’hui, seule l’inscription du secret bancaire dans la Constitution fédérale peut garantir la protection de la sphère privée car, je l’ai écrit, le droit est la seule arme des petits États contre l’agressivité des grands.

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